vendredi 25 mai 2012

Courir pour toi

Ce soir, j’ai couru pour toi, parce que tu ne vas pas bien. Ça fait quelques semaines que je te regarde, que je sens qu’il y a quelque chose qui cloche. Je ne sais pas pourquoi tu sembles si malheureuse, mais j’ai couru pour toi, parce que tu en as besoin. Chaque respiration que j’ai prise, chaque pas qui a foulé le sol, chaque regard que j’ai posé ont été pour toi, que pour toi. Parce que tu mérites le bonheur. Tu es née pour être heureuse. Quand je t’ai rencontrée, je me suis juré de tout faire en mon pouvoir pour que le bonheur respire par chacun des pores de ta peau, alors j’ai couru, parce que c’est ce que je sais faire de mieux en attendant. En t’attendant. Et parce que la course redonne ce bonheur que tu tentes de retrouver. Alors j’aurai su que pendant que je courais, le sourire n’était pas loin de toi.

Et demain, j’irai courir pour moi, parce que ce que je ne sais pas me tue. Il ya de ces déchirures viscérales qui sont plus douloureuses que d’autres et celle-là domine, tout en haut du podium. Parce que cette douleur, j’ai besoin de la sortir. Il ne faut pas qu’elle reste là, dans le creux de mes tripes et y fasse son nid. Alors j’irai courir pour la laisser en chemin, quelque part entre la maison et mon point de retour, le point le plus éloigné de moi, de nous.

Je te promets que le bonheur reviendra. Je te promets que ton si beau sourire retrouvera son chemin vers ton si joli visage. Et que le noir que tu vois en ce moment et qui te bloque le chemin vers ce bonheur s’estompera pour ne faire place qu’à un souvenir, qu’à un apprentissage. Parce que c’est ça aussi la vie, un apprentissage et c’est ce que tu es en train de vivre.

Ce que j’apprends de mon côté est que vivre une déchirure n’est rien comparé aux déchirures que vivent les personnes que tu aimes tant. À défaut de pouvoir prendre ta place, j’irai courir afin que tu puisses sourire. Et je courrai que pour toi tant et aussi longtemps que la petite fille en toi revienne, grandie, mais petite fille quand même.

Espérer, c’est déjà moins souffrir.

RG

mardi 15 mai 2012

Une sortie… ultérieurement payante

En revenant de travailler hier, j’ai enfilé mes vêtements de course, comme à l’habitude, et suis partie dans les rues de Saint-Hubert. Un petite sortie, de 10 km tout au plus. Une sortie de routine quoi!


Mon plan était simple en soi. Faire 5 km vers le sud et revenir sur mes pas, vers le nord, pour faire un minimum de 10 km et peut-être continuer un peu si tout allait bien. Rien de bien sorcier. Or, dès les premiers km, je savais que ça pouvait facilement balancer du côté « difficile »… en raison de la chaleur, mais aussi de quelque chose qui ne s’explique pas. Quelque chose que l’on sait présent, mais qui n’a pas de nom. On aura beau essayer l’expliquer, mais il n’y a pas d’explication. C’est là, un point c’est tout. Et on vit avec… pas le choix de toute façon. Et je ne suis pas partie avec mon fidèle partenaire, mon Lewis. Il faisait trop chaud et il n’aurait pas tenu plus de 2 km. En repensant à ça, j’aurais dû le faire courir quand même jusqu’à ce qu’il ne puisse plus avancer, mais je m’étais préparée mentalement tout la journée à y aller seule. Je n’y ai donc pas pensé sur le coup. Sur mon départ, son regard au travers la moustiquaire en disait long. Désolée Lewis, ce sera pour la prochaine fois. Est-ce que le fait de partir seule m’a débalancé au point de faire monter mon rythme cardiaque à une vitesse anormale pour une petite sortie qui se veut aisée? On espère que non parce que si c’est le cas, Chicago sera tout un défi!


Et j’ai commis l’erreur de m’arrêter une fois. Terrible erreur s’il y en a une. Je me connais. Si je ne combats pas cette envie de tout arrêter, ce sera comme ça jusqu’à la fin. Je suis aussi sortie avec une bouteille à main, ce que je ne fais jamais. Bon, j’ai voulu réessayer, question de voir si je peux encore courir avec des bouteilles à main, une pour moi et une pour Lewis, parce que Lewis a décidé qu’il ne buvait plus en courant. Je me suis dit, la semaine dernière, qu’une belle bouteille bleue toute neuve l’aiderait à passer ce refus. On verra bien, c’est à suivre… toujours est-il que les maux, physique et mental, se sont pointés le bout du nez lors du retour. Pourtant, c’est toujours encourageant de savoir qu’on a fait la moitié et qu’on revient. Mais pas hier! La chaleur qui pénètre tous les pores de la peau, le soleil qui tape sur le corps entier, la soif qui se fait sentir même en buvant, la digestion qui se fait ardue parce qu’on boit trop, le cœur qui bat vite, trop vite… voilà un cocktail explosif en courant!


Vers 6.5 km, j’ai jeté l’éponge. Et oui, moi, j’ai jeté l’éponge! Je me disais dans ma tête que ça ne me tentait même plus de courir, ce n’est pas peu dire! J’avais chaud, j’avais soif, j’avais mal aux jambes, j’étais essoufflée comme si je courais en intervalles intenses et je commençais à avoir des brûlements d’estomac (d’où ça vient ça?!). Je me suis dit si c’est comme ça, je vais marcher jusqu’à la maison. Mais comme quelqu’un venait pour un massage un peu plus tard, je n’avais pas vraiment le temps de marcher… en fait, je n’avais même pas le temps d’arrêter de courir. Et c’est à ce moment que je me suis félicitée d’être allée si loin tout en étant pressée par le temps… s’il y a une note à moi-même dans ce blogue, c’est celle-là : « à ne plus faire »!


J’ai finalement réussi par revenir, évidemment. Étrangement, malgré la chaleur et la sueur qui se voyaient clairement sur mon corps, j’ai pris un bain chaud. Et longtemps. Trop longtemps. Tellement longtemps que je crois avoir eu une baisse de pression, ou une baisse d’énergie, ou je ne sais trop. Toujours est-il que j’ai dû annuler mon massage parce que ça n’allait pas du tout (désolée G).


J’ai dormi de 18h à 5h30 le lendemain matin, sans manger, sans les dents brossées (OUACH!), encore maquillée. La belle affaire! Je me sens comme une débutante, mais je sais qu’il y aura apprentissage de cette sortie. Je ne le saurai peut-être jamais concrètement, mais je sais qu’elle sera payante, comme toutes les sorties que je fais. Et on sait tous dans la vie que le côté négatif égal le côté positif… moi, je vote pour un record à Chicago, rien de moins! En attendant, je retourne courir ce soir et ils annoncent de la pluie… JOIE!


Du chaos, naissent les étoiles – Charlie Chaplin


RG


P.S. cette semaine marque le retour des Five Fingers au bureau. Les nouveaux employés n’en reviennent pas… des nouveaux futurs adeptes à convertir, YAY!!!


P.P.S. ce soir, visite chez Bureau en Gros pour commander le cadeau de finissant de ma grande fille… j’peux pas croire… j’peux juste pas… ma grande fille de 17 ans (OUCH!)


P.P.P.S. qui a inventé les croustilles de riz au cornichon? C’est une drogue… enlevez-moi ce sac que je me sèvre!

vendredi 30 mars 2012

Hommage à mon Lewis




Hier, j’ai eu une très mauvaise journée. Le genre de journée qu’on espère voir se terminer du début à la fin, mais qui, pour une raison que j’ignore, est interminable. Le genre de journée qui s’étire sans fin. On a l’impression que la vie nous joue des tours et qu’elle ajoute des minutes, voire des heures juste pour nous mettre à l’épreuve. Le genre de journée où on imagine notre lit, où on en rêve!

Ça faisait 4 jours que je n’avais pas couru. Handsome était à la maison et son départ était imminent. Je ne mets pas ça sur son dos parce que s’il y a quelqu’un qui m’encourage et qui croit en moi, c’est bien lui, mais c’est vrai que lorsqu’il est à la maison, il y a plus de rendez-vous, plus de rencontres, plus d’imprévus aussi alors forcément, la course et l’entraînement sont un peu mis de côté, et c’est bien ainsi! Il faut profiter de la vie et de ceux qu’on aime, c’est une des choses les plus importantes dans la vie.

Toujours est-il que comme ça faisait 4 jours que je n’avais rien fait, même si ça ne me tentait pas vraiment, merci à la très mauvaise journée que j'avais jusqu'à là, j’étais dans l’obligation d’aller courir hier soir. Même si 5 brassées de lavage m’attendaient (et je m’en suis gardé pour ce soir!), j’ai enfilé mes vêtements de course, sans trop y penser, parce qu’y penser veut dire reculer. J’ai préparé mon sac sur le pilote automatique, parce que j’ai quand même eu la brillante idée d’aller courir où je n’avais pas couru depuis longtemps… depuis l’automne passé en fait, ce qui fait que c’est beaucoup plus motivant quand l’envie n’y est pas. Jusque-là, j’aurais pu reculer. J’avais toutes les excuses du monde de le faire… jusqu’à ce que j’enfile le harnais de Lewis. Alors là, plus question de faire faux bond. Parce que Lewis n’avait pas couru depuis 4 jours non plus, de toute évidence. Et parce que essayer d’expliquer à un chien, en l’occurrence Lewis, qu’on change d’idée et que finalement, on ne va pas courir, c’est inconcevable, impensable, voire même inacceptable à ses yeux de chien.

Alors, nous sommes partis. En voiture. Parce qu’on allait courir à un de nos endroits préférés, mais qui est fermé durant la saison de la neige. Lewis ne se pouvait plus comme on dit! Lewis le sait que courir, ça ensoleillera sa journée, probablement aussi mauvaise que la mienne, à attendre que sa maîtresse décide qu’il est temps d’aller courir. Comment font-ils pour savoir? Sont-ils comme les enfants quand on dit que la vérité sort de leur bouche?

Et on part. Et on court. Et on se vide la tête. Un instant! Mes mollets sont stressés. Comment se fait-il? Spot check, on scan la posture. Ah j’ai trouvé. On se replace. Et on se vide la tête de nouveau. Je sens quelque chose dans mon quadriceps. Joie! C’est normal! Ça veut dire que je ne cours pas du mollet. Je regarde ma montre. WOW! Et sans forcer. Je suis contente. Je souris. Je revis. Quoi, déjà à notre point de retour? Attends. Il y a un parc, un terrain de balle et un terrain de soccer. Personne en vue. « Lewis aux pieds ». Je le détache. Vas-y Lewis, cours… cours ta vie! J’adore regarder Lewis courir à sa puissance maximale! Le sable vole autour de Lui. Mon chien est heureux. Résultat : je suis heureuse. Lorsqu’il a fini sa course endiablée, je le rattache. Et on fait le trajet du retour. Les mollets sont plus tendus. On refait des spot checks et des scans. On s’ajuste au fur et à mesure, mais on est heureux. À ce moment précis, j’aurais défendu ma place contre vents et marées.

La première chose que je sais est que nous sommes revenus à la voiture. Comment ai-je pu penser 1 seule seconde que je n’en avais pas besoin? Comment ai-je pu penser reculer? La prochaine fois que l’envie n’y est pas, je compterai sur mon fidèle partenaire. C’est grâce à lui si j’ai fait une si belle sortie.

Revenus à la maison, les 5 brassées de lavage et toutes les tâches de maison me semblaient anodines. Tout a été fait, en un temps record, le sourire aux lèvres.

Mais comment font les non coureurs pour passer à travers ce genre de journée?

Lewis, je ne te remercierai jamais assez d’être là, avec moi, tout le temps, et de m’être aussi fidèle. Tu as su, à travers ton innocence, et Dieu sait à quel point tu peux l’être parfois, me remonter le moral. Je t’aime mon gros Bambi Dawg. Je ne pouvais demander mieux comme partenaire.



RG

P.S. je dois maintenant filer, Lewis m'attend à la porte pour aller courir!!!

mercredi 29 février 2012

Février - et c’est officiellement reparti!!!

Total de 75 km pour le mois de février. Pas si pire pour quelqu’un qui revient d’une longue absence. J’en suis quand même assez fière, même si j’ai déjà fait des mois de 300 km et plus!

Une étape à la fois! On va commencer par le commencement et graduellement augmenter les distances et surtout, rester concentrer sur le travail de la posture. Je me rends compte que c’est beaucoup plus difficile maintenant que les distances augmentent, alors le travail n’est pas terminé.

Ça me fait réaliser que j’avais besoin de cet arrêt pour pouvoir me remettre dans le droit chemin de la course. Ça été long, voire pénible, mais maintenant j’y suis. Et plus j’y pense, plus je sais que cet interminable arrêt sera bénéfique sur le long terme. J’avais besoin de cet arrêt pour prendre conscience, avec l’aide de mon physio, que je n’avais pas la bonne posture ni la bonne méthode pour courir sur de longues distances. Je suis consciente que je recommence de zéro, comme si je n’avais jamais couru de marathon, ni même de demi, mais je sais aussi que le moment était parfait pour changer ma posture de course. Je suis contente parce que depuis quelques semaines, je comprends des tas de choses que je « pensais » comprendre avant. Et ça me motive énormément!

Aujourd’hui il y a tempête de neige et j’ai tellement hâte d’aller courir mon petit, mais combien utile, 5 km! J’adore courir quand il y a une tempête de neige. J’adore courir qu’importe la température, à l’exception d’un gros soleil quand il fait 30 degrés, je trouve ça pas mal moins intéressant. Ce qu’il y a de bien avec les tempête de neige est que je suis une des rares à se pointer le bout du nez dehors et comme je cours en présence de Lewis, mon boxer, c’est plus agréable quand les autres chiens ou les enfants ne sont pas dehors (je ne sais pas de qui, entre les chiens ou les enfants, Lewis est le plus attiré). C’est dur de garder un boxer social et enjoué concentré sur la course quand il y a des obstacles aussi attirants qu’un enfant!

Hier, à l’occasion du 29 février, j’ai fait mon tout premier don de sang. Je trouve important d’en glisser un mot parce que je me sentais tellement bien quand je suis sortie de là. Quand on pense qu’avec un don de sang, on peut sauver 4 vies, c’est incroyable! Ça fait du bien de penser que grâce à nous, il y a quelqu’un, à quelque part qui sera mieux, qui se sentira plus apte à faire face à ce qu’il l’attend… peut-être même carrément sauver la vie de cette personne. Je trouve que c’est un sentiment extraordinaire et c’est quelque chose à refaire, assurément! Et ça ne prend que 1 heure de notre temps. Et le summum de cette activité est lorsque l’infirmière qui, regardant mon sang couler à flot (ça n’a même pas prit 5 minutes remplir le sac), m’a dit que d’après elle, j’étais quelqu’un qui était en forme. Moi de lui répondre, très fière, que je suis une coureuse. C’est toujours des moments de fierté quand quelqu’un autour de nous fait ce genre de remarque parce que ça vient confirmer qu’on ne fait pas ça pour rien. On le fait pour le plaisir, parce que c’est une passion, mais aussi parce que c’est bon pour notre santé, et ça le confirme! Toutes les fois que les infirmiers prennent mon pouls et ma pression, ils pensent que j’ai quelque chose qui ne tourne pas rond dans mon système parce que ces deux indices sont bas, jusqu’à ce que je leur dise que je suis coureuse. Ils mettent alors ces informations de côté. On a même pensé que je faisais une grossesse ectopique lorsque j’ai fait une labyrinthite, tout ça en raison de mon pouls et ma pression qui étaient bas.

Et pour finir, j’ai lu quelque chose de drôle sur un blogue… c’est tellement ce que je pense que je mets le lien ici. Bonne lecture… et surtout, bon fous rires!

http://authorjimlynch.com/i-refuse-to-turn-my-run-into-a-math-problem

Sur ce, bonne course à tous les coureurs et profitez de la belle tempête hivernale d’aujourd’hui (tempête hivernale = neige + vent + froid… merci Handsome, je vais me coucher moins niaiseuse ce soir). Et n’oubliez pas qu’il y a un mérite à ce que nous faisons tous les jours!

RG

vendredi 10 février 2012

Catra Corbett




À force de faire des recherches sur Internet, on trouve des petites trouvailles. C’est ce qui est arrivé la semaine dernière. Je faisais des recherches sur les ultra marathons et je suis tombé sur cette coureuse pas comme les autres!

Pas comme les autres parce qu’elle a 47 ans et que sa distance de course préférée est 100 miles (160 km). Pas comme les autres parce qu’elle a 25 piercings et 100 tattoos. Pas comme les autres parce que pour fêter ses 47 ans, le 24 décembre dernier, elle a couru 47 heures, courant 206 km. Pas comme les autres parce qu’une de ses activités préférées est le « Fast Packing », courir et dormir en pleine nature plusieurs jours durant en partant seule avec tout l’équipement dont elle a besoin. Pas comme les autres parce qu’elle a remplacé sa dépendance aux narcotiques et à l’alcool par la course à pieds il y a de ça 17 ans. Et de la course, elle en fait. C’est incroyable la distance qu’elle peut courir en une seule sortie… et on ne parle pas de la distance par semaine! Le nombre de km annuels? 6,400! Pas comme les autres parce que pour réussir sa transformation de dépendante aux narcotiques à athlète, elle a donné tout ce qu’elle avait. Elle a quitté son emploi de coiffeuse pour devenir naturopathe et est devenue végétalienne. Pas comme les autres parce qu’elle court toujours en jupe. Pas comme les autres parce qu’elle a les cheveux roses. Elle habite en Californie, près des plus belles trails du monde. C’est une personne, qui même par ses écrits, transmet ses énergies et son positivisme.

Ses accomplissements :

En Fast Packing, elle a couru 600 km en 12 jours, 4 heures et 57 minutes. C’est d’ailleurs une de ses plus grandes fiertés. Elle a couru plus d’une soixantaine de course de 100 miles et elle en parle comme nous on parle d’un marathon. Sur son blogue, elle parle de ses sorties de course comme de balades quotidiennes et pourtant, le chiffre qu’il y a au bout de la phrase est à tomber sur le cul! Elle a fait une randonnée de 3 mois, du Mexique jusqu’en Oregon (plus de 3,000 km). Et j’en passe…

J’adore ce genre de personne. Ces personnalités qu’on gagne à connaître, qui ont tout le temps quelque chose à nous apprendre et qui vivent la vie comme si chaque journée était la dernière. Quand je lis son blogue et les histoires que l’on retrouve sur elle, je n’ai qu’une envie, courir… une course sans fin. Elle me donne le goût de me dépasser, d’aller encore plus loin. De vivre des choses nouvelles. De me lancer dans des aventures inimaginables. J’irais courir avec elle demain matin si on m’en donnait l’occasion et j’essaierais de la suivre du mieux que je peux.

Ses débuts :

C’est lorsqu’elle a été arrêté pour la première, et dernière fois, de sa vie que Catra a décidé qu’elle allait se prendre en main et qu’elle serait dorénavant en bonne santé. Elle s’est inscrite dans un gym et a commencé à marcher, 5 km, quotidiennement. Un jour, elle a voulu voir si elle pouvait courir ces 5 km. Bien sûr, elle y arriva. Son enthousiasme fut tel qu’elle s’inscriva pour une course de 10 km la fin de semaine d’après. 3 mois après son premier 10 km, elle courait son premier marathon. Vous devinez la suite… mon idole quoi!

Curieusement, c’est une des seules coureuses parmi les ultra marathoniens qui ne court pas en minimaliste. Au contraire, quand je regarde ses photos, elle semble courir avec le plus de semelle possible. Je n’ai pas lu nulle part qu’elle s’était blessée à un certain moment de sa carrière non plus. Comme quoi chacun a sa façon de faire les choses.

Son blogue est à lire... à savourer!

http://trailgirl.blogspot.com

RG

mercredi 8 février 2012

En route vers Chicago


La plupart des gens le savent maintenant, je suis inscrite au marathon de Chicago qui se tiendra le 7 octobre 2012, 7h30, heure locale. J’avais effleuré ce projet avec une amie de Toronto l’été passé. Nous regardions le film « Spirit Of The Marathon » et j’avais suggéré de le faire un de ces jours, ce qui entraîna un enthousiaste sans fin et qui s’avéra être LA course de 2012. Lorsque j’ai mis sur Facebook que je voulais faire ce marathon, un groupe s’est crée et une quinzaine de coureurs de la région de Montréal se sont inscrits, sans parler des coureurs, du même nombre, de la région de Toronto. Nous sommes donc une trentaine de coureurs, qui se connaissent ou pas, à participer à cette course. J’ai très hâte!

Avec ma blessure de cet automne, de gros changements sont en cours présentement dans ma façon de courir. Je n’ai pas changé ma façon de penser, mais certains ajustements sont nécessaires afin d’être la coureuse que j’aimerais être. Je ne veux pas être la plus rapide, j’ai laissé tombé cette idée il y a belle lurette, mais j’aimerais arriver à obtenir la posture le plus près de la perfection. Et pour ça, ça prend beaucoup de travail et de persévérance, ce que j’ai en quantité industrielle!

La persévérance, je n’ai aucun doute qu’elle sera une alliée sans failles et qu’elle ne me laissera jamais tomber. Pour ce qui est du travail, il est commencé depuis le début de l’année et je suis très excitée à l’idée de courir un marathon de cette façon. Hier soir, j’ai appliqué cette technique durant toute ma sortie de course et je suis revenue les joues rouges de bonheur! Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie comme ça durant une sortie de course. Pas que je ressens rien habituellement, au contraire, toutes les fois que je vais courir, c’est un pur bonheur, mais excitée comme hier soir? Ça faisait très longtemps!

Alors place à l’entraînement! Je termine mon programme fractionné que je devrais avoir terminé vers la dernière semaine de février. Ce qui me donnera 7 mois de préparation pour le marathon pour rebâtir mon millage. Je ne crois pas que je ferai des entraînements spécifiques pour ce marathon, le but étant de me rendre là sans me blesser avec la posture que je désire et pour laquelle je travaille très fort afin de l'obtenir. Les entraînements spécifiques seront pour les prochaines courses et encore, ça dépendra de mon plan de match, car j’ai une petite idée de ce que j’aimerais faire à compter de 2013 et les entraînements spécifiques ne sont pas essentiels à ce genre de course… mais ça reste à voir.

Donc, le but pour cette année est de faire la distance en ayant une posture parfaite. Je suis une coureuse minimaliste et je tiens à le rester… pour ça, la posture est encore plus importante. Je sais déjà avec quelles chaussures j’aimerais faire le marathon et je suis fébrile juste d’y penser!

RG

mardi 24 janvier 2012

Sur le chemin de la guérison

Mon soléaire s’est calmé. Il y a une grosse différence entre la semaine dernière et cette semaine, merci aux bons conseils de mon physiothérapeute.

Ce n’est pas évident de trouver la marge de manœuvre entre faire travailler le muscle, assez pour ne pas qu'il tombe dans un état d'atrophie et ne pas en faire trop pour ne pas le blesser encore plus. Mais je pense que j'ai bien fait... jusqu'à maintenant en tout cas. Les exercices que je dois faire ne réveillent pas autant mon muscle qu’au début. La bonne nouvelle est que jeudi, je retourne chez mon physio et ce sera l’essai de la course, voir ce que ça donne. Voir s’il y a de la douleur. Voir si je tiens le coup.

Personnellement, je pense que ça va être bon! Et je prévois déjà ma sortie de course/marche en fin de semaine. Je sais que ce sera dur de ne pas pousser la machine, mais je sais aussi que je ne veux pas reculer encore une fois! Je ferai donc tout ce qu'on me dira.

Durant les 2 dernières semaines, je me suis souvent posé la question sur cette marge de manœuvre. Parce qu’elle revient souvent, pas seulement dans le cas d'une blessure. Elle est présente en entraînement également. Il faut stresser le corps juste assez pour pouvoir bénéficier de tous les avantages d’un entraînement, mais il ne faut pas trop pousser pour ne pas surentraîner le corps ou pire, le blesser! Ce qui, de toute évidence, je n’ai pas su.

Et je me suis rendu compte, durant les derniers jours, que cette marge était présente dans la plupart des sphères de notre vie. Communément appelé le « juste milieu »? Mais c’est quoi ce « juste milieu »? Il faut faire le ménage de nos maisons, mais pas au point de tomber dans les troubles obsessionnels compulsifs. Il faut protéger nos enfants, mais pas au point de les empêcher de faire leurs propres expériences. Il faut donner ce qu'on a au travail, mais pas au point de ne plus avoir d’énergie pour les autres sphères de notre vie. Et la liste continue…

Il y a quelqu’un de sage qui m’a dit un jour « tu dois expérimenter les deux extrêmes avant de pouvoir atteindre ce juste milieu, l’équilibre ». Je pense qu’elle avait raison. Et si vraiment elle a raison, ça veut dire que j’ai goûté aux 2 extrémité côté course, côté blessure. Ça, ça veut dire que logiquement, après cette blessure et après mon retour progressif à la course, je ne devrais pas me blesser encore… pas si sérieusement à tout le moins! J’achète, en 10 exemplaires!

Alors je croise mes doigts pour jeudi. Je sais que ça va bien aller. Je le sens. Je le veux. Et je l’aurai!

RG

jeudi 19 janvier 2012

Lettre à mon soléaire




Tu es malade, blessé. Tu as décidé que je t'en demandais trop peut-être, et tu fais maintenant la grève. D’accord, je n’ai pas trop le choix que de te suivre dans ta décision et d’accepter que tu as besoin d’une pause. Sache, par contre, que ce n'est que partie remise et que lorsque ta grève sera terminée, tu recommenceras à me donner tout ce que tu as.

Pourtant, cher soléaire, s’il y a un athlète qui fait attention à ses muscles, ainsi qu’à toutes autres parties de son corps, c’est bien moi. Je crois que tu ne réalises pas la chance que tu as de faire partie de ma jambe. Tu es traité aux petits oignons, mais je crois que cette information t’a échappée, et de toute évidence, t'échappe encore. Si tu veux, vas faire un tour dans la jambe de quelqu'un d'autre et tu pourras comparer. Je mets ma main au feu que tu reviens en courant (sans jeu de mots) et que je n'entendrai plus jamais parler de toi, sauf en bien, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.

Bon, j'ai deviné que tu n'étais pas matinal et que tu n'étais pas un fervent travailleur de bureau non plus. Tu es très dur avec moi. On ne peut pas rester à la maison, couché en permanence. Il faut bouger, gagner note vie, faire des activités, du sport... tout ça fait partie intégrante de la vie. Tu devras faire une croix sur les grasses matinées et la fainéantise. Je sais, ça fait du bien, une fois de temps en temps, mais tu ne pourras faire ça indéfiniment. Et puis, si tu avais besoin d’une pause, tu n’avais pas à claquer de la sorte. Une douleur musculaire intense aurait suffi à l’arrêt de toute activité pendant quelques jours.

Pour l’instant, je te donne ce que tu veux. Je n’ai pas d’autres choix de toute façon. Visiblement, tu prends un malin plaisir à me rappeler que tu ne veux pas! Quoique si tu veux mon avis, tu pourrais ne pas en mettre autant. Quand tu veux te donner à fond dans ta paresse, tu me fais boiter, ce qui, selon moi, n'est pas nécessaire. Je serais de toute façon au repos même si tu ne te donnais pas autant de mal.

Mais attention, ce repos forcé ne sera pas apathique. Parce que, finalement, je tiens à toi, je dois te faire travailler afin que tu ne deviennes pas complètement léthargique. J’ai quelques exercices à faire, selon les directives de notre physiothérapeute et tu peux être certain que je les ferai… d’ailleurs, j’ai déjà commencé, tu es au courant, je le sais, je le sens. Et le signal d’alarme que tu m’envoies chaque fois que je les exécute ne sert qu’à t'affaiblir parce que je n’arrêterai pas. Tu devras, tôt ou tard, te rendre.

Je sais que la fibre musculaire que tu avais avant ne reviendra pas. Soit! Il nous faudra trouver un moyen de retrouver cette force qui t'habitait avant. Et nous y arriverons… parce que je suis encore plus entêtée que toi.

Repose-toi bien, cher soléaire. Prends le temps dont tu as besoin pour débrayer, mais sache que lorsque tu auras rangé tes pancartes de grève, tu auras des comptes à me rendre. À moi, mais aussi aux autres muscles … ils ne débraient pas, eux! Tes frères et sœurs trouveront le moyen de te faire suivre, ou de te faire traîner, ce sera ton choix!

Sache aussi que je t’aime et que je ne veux pas que tu sois malheureux. Au contraire. Je veux que tu te sentes comme faisant partie intégrante de cet ensemble appelé mon corps. Je prendrai soin de toi, mais je m’attends à ce que tu me rendes la pareille.

Sur ce, je te souhaite un bon débrayage et on se réunit bientôt, très bientôt!

RG

vendredi 16 décembre 2011

Végétalisme

Wow, je viens de lire une pseudo-entrevue avec Scott Jurek. Si vous ne le connaissez pas, ça vaut la peine d’aller lire sur lui. Pour ma part, ça fait déjà quelques mois, voire plus que je le suis sur son blogue et sur Twitter et je suis toujours aussi ébahie par le coureur et l’homme qu’il est, ainsi que par l’image qu’il projette.

Un peu sur Scott

Scott est un physiothérapeute de profession et ultra-marathonien, un des meilleurs (sinon le meilleur… avec Anton Krupicka), côté masculin, et par-dessus le marché, un bel exemple. Il a commencé à courir pour garder sa forme pendant la saison morte de ski de fond, mais il détestait ça (!!). Tout a changé en 1994 lorsqu'un de ses amis l'a invité à courir son tout premier marathon. Il l’a couru en moins de 3 heures et s’est découvert une passion cachée pour la course à pied. Un peu plus tard, il a couru le Minnesota Voyageur 50, une course de 50 milles (un peu plus de 80 km). Scott est arrivé au 2erang. En 1999, il a couru son tout premier Western States 100, une course de 160 km avec une limite imposée de 30 heures. Il a réalisé un record en 2004, soit 15 heures et 36 minutes et il a gagné cette course 7 années consécutives. En 2005, 2 semaines après sa participation au Western States 100, il a couru et gagné 2 fois plutôt qu'une le ultra-marathon de Badwater, une course de 135 milles (217 km) et qui est très difficile mentalement. C’est la course mondialement reconnue comme étant la plus difficile de toutes, les températures pouvant atteindre 55˚ Celsius, aucune ombre sur presque la totalité du parcours. Il détient plusieurs records en course dont la plus longue distance en 24h, soit 265.12 km. Ce qui me touche chez ce grand coureur est qu'importe la course à laquelle il prend part, qu’il gagne, qu’il perde ou qu’il abandonne, il reste jusqu’à la fin pour encourager les autres coureurs.



Scott gagnant Badwater

Tout ça pour en venir au sujet de mon blogue, le végétalisme. Parce que Scott est un grand végétalisme. Il ne se nourrit que d’aliments provenant des plantes. Il ne prend plus aucun aliment de source animale, dont le lait, et il prétend que c’est ce qui l’aide à rester en forme et à continuer à performer, ce dont je ne doute nullement. Personnellement, je ne connais absolument rien sur le sujet. J'en entends parler ici et là, parce qu'on dirait que ça gagne en popularité, mais je ne pourrais élaborer sur le sujet. C’est à se demander si vraiment le végétalisme est aussi bon que les assidus le disent. Je me le demande, très sérieusement.

Je ne sais pas si je serais capable de me passer de la viande, c’est-à-dire, dans mon cas, du poisson et du poulet. Je mange aussi de la viande rouge, mais c’est très rare et habituellement quand j'en mange, c'est dans une sauce ou bien, les fameux hamburgers de Handsome (comment pourrais-je m’en passer?). J’imagine que c’est une question d’habitude, de croyance et surtout un mode de vie.

F en parle parfois, parce qu’elle a l’intention de devenir végétarienne plus tard. Pas qu’elle pense que les nutriments provenant des plantes sont meilleurs pour la santé, mais bien parce qu'elle est une grande protectrice des animaux, surtout des chevaux, évidemment (si vous la croisez un jour, n'allez surtout pas lui dire que vous mangez du cheval... votre histoire n'aura même pas le temps de commencer). Je pense que je vais regarder ça de plus prêt et faire mes recherches. Et si ça aidait vraiment? Pas seulement pour la course ou pour une activité physique, mais aussi en général? Si ça peut aider pour la santé et le bien-être en général, moi je suis partante!

Si quelqu’un peut me donner de l’information sur le sujet, j’en serais ravie. Je vous ferai part de mes découvertes.

Et vous, qu’en pensez-vous?

RG

Si vous lisez l'anglais, voici une superbe entrevue avec Scott Jurek

http://sierraclub.typepad.com/greenlife/2011/06/how-vegan-ultramarathoner-scott-jurek-do-it-we-ask-him-he-tells-us.html

jeudi 15 décembre 2011

TwitterRoadRace

Je viens de m’inscrire à une course un peu folle, la première course TwitterRoadRace. Ça va être cool, ça va être bizarre et c’est à la grandeur de la planète!

Un homme, de Washington, D.C., entraîneur du Road Runners Club of America (RRCA) et également entraîneur de sa région, passionnée de formule 1 et pilote de l’aviation commerciale, a décidé d'essayer de joindre le plus de coureurs possible partout dans le monde. Pour se faire, il a diffusé son message sur Twitter et sur son blogue personnel.

La course aura lieu le samedi 21 janvier et tous les coureurs ont jusqu’à 23h59 pour la terminer et faire connaître son temps ainsi que quelques détails sur leur course respective. La course est d’une distance de 5 km, ce qui se fait très bien.

Au moment où on se parle, nous sommes une quinzaine à s’être inscrits déjà et je crois que l’engouement pour cette course ne fait que commencer.

Si vous voulez faire partie de cette course unique et folle, rien de plus simple. Si vous avez un compte Twitter, @seedouglasrun ou bien le hastag #TwitterRoadRace. Il faudrait une bonne gang de Montréal pour montrer à tout le monde qu'on est hot, on est capable, on est beau pis on embarque dans toutes les folies!

RG

mardi 22 novembre 2011

Histoire de Vauriens

Vendredi soir, je suis sortie courir après 2 semaines d’arrêt dû à une douleur ressentie au 5e métatarsien (encore une fois, vive les cours d’anatomie du mercredi soir!). Comme je ne ressentais plus rien en marchant et que mon coach de l’an dernier m’a appris que c’est à ce moment-là qu’on peut essayer de nouveau, j’ai mis ma tuque, mes gants, le harnais de Lewis et sa laisse et nous sommes sortis par une fin de soirée frisquette. Ma course s’est bien déroulée, pas de douleur ressentie au pied… mais était-ce l’adrénaline de ce qui allait suivre?

Je suis sortie de chez moi en une marche rapide, question de bien réchauffer mes membres inférieurs (à noter ici aussi, le résultat des cours en massothérapie, car ma jambe n'est plus une jambe, mais bien un membre inférieur). J'étais tellement excitée d'aller courir, enfin!!! Ça faisait 2 semaines, jour pour jour, que j'attendais ça. Les fourmis qui me démangeaient depuis 2 semaines étaient prêtes à donner leur 100%! En tournant le coin de la rue, je me suis élancée. Je me forçais pour ne pas aller trop vite parce que je ne voulais surtout pas que la douleur revienne, si minime soit-elle. J'ai fait quelques pas. Tout allait bien. Je me sentais revivre. Il faisait froid, mais dans tout mon corps, c’était chaleur. Une chaleur passionnelle qui revient après une longue absence (ok, 2 semaines, c’est pas beaucoup et je suis au courant que bien des coureurs n’ont pas cette chance de pouvoir revenir en comptant en semaines ou même en jours, mais c’est quand même long quand on ne PEUT pas!).

Et voilà que, plus loin sur le trottoir, j'aperçus une bande de jeunes garçons qui venaient dans ma direction. J'ai arrêté de courir afin de garder le plus de contrôle possible sur Lewis, qui lui, était carrément aux anges de pouvoir courir de nouveau avec sa maîtresse.

Et les insultes qui commencent. Des insultes que je ne pourrais même pas répéter tellement elles étaient crues. C'est incroyable d’avoir 39 ans et se faire dire des choses aussi grossières, vulgaires et sauvages par des p'tits vauriens de 13 ans (vous apprendrez plus tard comment j'en suis venue à connaitre leur âge). Évidemment, je ne pouvais laisser passer ça sans dire un mot… un tout petit mot. Ça été plus fort que moi. Et évidemment, s’ensuivit des rires encore plus niais et des insultes encore plus grotesques. Ok, j’aurais peut-être pas dû parler, j’aurais peut-être pas dû répliquer, mais comme je disais, je ne me suis pas rendue à 39 ans pour me faire insulter par une gang de vauriens qui ne savent pas quoi faire de leur vendredi soir et qui trouvent comme seule activité d'insulter les gens qu'ils croisent sur leur chemin. Ça m'enrage... et je le dis!

Et de reprendre ma lancée de course, et mon petit bonheur de pouvoir enfin recommencer à courir. Je n’avais pas l’intention de courir longtemps. Juste le temps de faire le tour du bloc en alternance entre la marche et la course.

Pour revenir, je me suis dit que les p’tits vauriens devaient aller en direction du dépanneur. Habituellement, quand je fais le tour du bloc, je reviens par là, mais je me disais ce soir là que j'étais pas obligée de mettre de l’huile sur le feu, surtout que mon cœur était tellement léger de pouvoir se donner un peu plus que les derniers jours. J’avais tout faux. Il se trouve qu’un des vauriens habite sur le coin où nous nous sommes croisés (mais ça, je ne le saurai que dans quelques minutes) et qu’ils m’attendaient de pieds fermes. Ils s’étaient cachés derrière la haie de cèdres et quand je suis passée de l’autre côté de la rue, ils sont tous sortis en criant « à l’attaque!!! ». Bon, la belle affaire. Une chance que je ne suis pas peureuse de nature parce que j’en aurais eu pour mon argent ce soir-là. J'ai fait comme s'ils n'étaient pas là. Alors ils ont eu la brillante idée de pousser un peu plus la vulgarité de leurs insultes. Déjà que les premières étaient quand même assez crues… Arrivée au coin de la rue, comme les insultes fusaient et, je l’avoue, mon caractère se pointait le bout du nez, j’ai embarqué dans leur jeu (je sais, je sais… j’aurais pas dû, mais c’était plus fort que moi…). Je leur ai alors suggéré de venir me dire toutes ces belles choses dans ma face. Un des vauriens, que je nommerai ici Vaurien #1, décide qu’il sera l’heureux élu pour m'affronter. Il ne sait pas dans quoi il s'embarque, mais je soupçonne qu'il le ressent parce qu'il s'arrête à mi-chemin. Ce qui me donne l'occasion de lui annoncer qu'il n'a pas de couilles, et je continue mon chemin. Et les revoilà repartis de plus belle. Je ne sais pas pourquoi j’ai pensé que j’aurais réglé le problème d’ailleurs… c’était sous estimer la nullité des vauriens en général.

Rendue de l’autre côté de la rue, mon pouls en accéléré, non pas à cause de la course, mais bien à force de se faire traiter de tous les noms et se faire dire dans quelle position je devrais être, en une fraction de seconde, je me retrouve dans leurs faces, de l’autre côté de la rue. C’en était trop pour la caractérielle que je suis. Et c’est drôle parce que depuis que je suis dans leurs faces, les insultes ont arrêté. J'ai devant moi que des faces niaises avec un sourire jusqu'aux oreilles, bouche cousue. Entre-temps, il y a un vaurien, que j'appellerai affectueusement Vaurien #2, qui se pointe. Tiens, il était parti où lui? Je fais 1 + 1 dans ma tête et conclu qu'il doit être celui qui habite la maison, hôtesse de la haie de cèdres. Et je demande, innocemment… enfin le plus innocemment possible dans ces circonstances, qui habite là. Les 2 vauriens de couleur noire, surnommés Vaurien #3 et Vaurien #4, pointent Vaurien #2. Et moi de le regarder avec un grand sourire en lui annonçant que ses parents auront une petite visite. Sur le coup, mon caractère me disait d’y aller tout de suite, de ne pas laisser trainer cette histoire, mais mon sens logique m'y a défendu. Je ne voulais pas me retrouver sur le perron, parents absents et faire face aux Vauriens. Même si j'étais avec Lewis qui, bien heureux de se faire de nouveaux amis, j'ai décidé de ne pas courir après une malchance quelconque et de rester bien sagement sur le trottoir, à la vue de tout le monde. Je suis une caractérielle intelligente quand même!

Après m’être assurée que mes Vauriens n’avaient plus rien à me dire, je me suis retournée pour prendre la direction de la maison. Ce faisant, le 5e vaurien (mais comment ai-je pu en oublier 2?!) sort de la maison en face de celle de Vaurien #2. Vous aurez deviné qu'il se nomme Vaurien #5. J’ai eu le temps de lui dire que ses parents auraient également une petite visite. Évidemment, les insultes ont recommencé de plus belle… tu es vaurien ou tu l’es pas, faut que t’assumes ce que tu es dans la vie et eux l’ont définitivement compris. Mais au moins, j’avais eu l'occasion d'aller me vider un peu. Je sais, c'était pas très raisonnable d’embarquer dans leur jeu, mais je ne me suis pas rendue là dans ma vie pour accepter ça sans rien dire. Comme j'ai déjà dit, si j'étais au front, je mourrais probablement, mais au moins, je serais fière!

En rentrant à la maison, j’ai raconté toute cette histoire à F en lui demandant si elle connaissait les vauriens qui habitaient là. Elle ne connaissait pas. Nous sommes donc parties, elle et moi, en auto afin qu'elle puisse les identifier. C'est sûr qu'au moins un de ces vauriens va à la même école qu’elle. Malheureusement, nous ne les avons pas retrouvés. Mais je me suis bien promis que j’irais cogner aux portes aussitôt que j’en aurais l’occasion et surtout, quand je serai certaine que les parents seront là. Je suis passée à 2 doigts d'appeler la police, mais me suis ravisée.

Le lundi suivant, donc hier, je me lève à 5h15 comme tous les matins et il y a une note devant l’ordinateur. L’écriture de F qui m’annonce qu’elle a trouvé tous mes vauriens, avec la liste des 5 noms!!!! Elle a cherché jusqu’à ce qu’elle retrouve ces petites pestes. Ça lui a pris 3 jours. Il s’adonne qu’elle connait un de mes vauriens (Vaurien #3 ou #4, c'est selon). Il a 13 ans (QUOI?!) et va à la même école que F. Elle lui a annoncé que la femme, j'ai bien dit FEMME et non fille (de leur âge) avec le boxer blanc qu'ils avaient insultée était sa mère. J'aurais bien aimé lui voir la face. Merci F... vraiment, je savais que tu m'étais précieuse, mais là, tu m'étonnes!

Maintenant, handsome devrait revenir d’ici la fin du mois. Je pense l’attendre pour aller cogner aux portes. Si j’y vais seule, j’ai peur que mon caractère empêche le message de se rendre... parce que je veux faire passer un message. C'est comme ça que les gang de rues émergent. C'est comme ça que les femmes ne veulent plus sortir le soir seules. Même moi... non pas par peur, mais si j'ai le choix entre rester chez moi bien tranquille ou bien aller prendre une marche et risquer de me faire insulter de la sorte, bien le choix est assez facile à faire. C'est comme ça que la violence apparaît. C'est comme ça que les jeunes pensent qu'ils peuvent tout faire, tant qu'ils ne se font pas prendre ou tant qu’ils n’ont pas de conséquences. Est-ce que je veux laisser passer cette histoire sans rien dire? Non! Il doit y avoir une suite, mais une suite constructive. Je ne veux pas aller leur taper sur la tête et je ne veux pas que les conséquences qu'ils recevront de leurs parents (je l'espère) dépassent leurs agissements. Mais il doit y avoir une suite, c’est nécessaire.

Soyez prudents, coureurs, non-coureurs. On ne sait jamais… et non, la douleur n’est pas revenue, même sans l’adrénaline!

RG

lundi 21 novembre 2011

Retour progressif

Enfin, je recommence à courir! Tranquillement, mais sûrement! J’ai fait mon test de 1 minute marche/1 minute course pendant 10 minutes et aucune douleur ressentie. C’est tellement long quand on ne peut pas courir…

Il faut être un peu fou je pense pour être un coureur. Le genre de folie que les non-coureurs ne comprennent pas… toujours! Nous, coureurs, sommes fiers de dire que nous sommes coureurs. Nous avons des rituels et des routines un peu bizarres, comme manger des chips avec de la trempette à la ciboulette la veille d’une course ou d’une longue sortie (un rituel personnel je l'avoue), nous utilisons des drôles de mots comme « fartlek », « plyométrique » ou bien « foulées ». Nous sommes peut-être même une bande de marginaux pour certains, mais au bout du compte, une belle gang de joyeux lurons qui aiment se voir pour courir ou tout simplement parler... de course!

Il y a plusieurs « espèces » de coureurs. Le coureur vantard, qui aime se vanter de ses prouesses et de ses temps, habituellement toujours en progression. Le coureur qui ne jure que par son coach, qui n’écoute que celui-ci et qui fera tout ce que ce dernier lui dira de faire, même les idées les plus farfelues. Le coureur autonome, celui qui sait exactement où il va et a tellement d'expérience sous ses pieds qu'il n'a pas besoin de conseils ni de personne pour se rendre où il veut. Le coureur indépendant qui est bien décidé à devenir un coureur autonome et qui ne ressent pas le besoin de donner des détails sur son entraînement. Le coureur inquiet qui ne sait pas trop où il va, il a une idée, mais a toujours besoin d'une confirmation sur ce qu'il va faire, avant de le faire. Le coureur expérimental, ce lui qui essaie plein de choses dans l'espoir de trouver les meilleures données possible. Le coureur passionné, celui qui ne parle que de course, habituellement plein de ressources. Le coureur désinvolte, celui qui fait un peu n’importe quoi, n’importe quand et qui, par moment, on se demande comment il fait pour pouvoir courir encore sans avoir de blessures. Il y a aussi évidemment les coureurs multi ethniques, qui sont un mélange de 2 ou plusieurs espèces de coureurs.

Je sais exactement où je me situe dans tout ce beau monde-là. Par contre, je ne le dirai pas. Ceux qui me connaissent bien savent qui je suis et l’espèce ou les espèces de coureur qui me décrivent le mieux. Le but dans tout ça est de trouver sa place et de jouir de cette passion, parce qu’on s’entend que la course à pieds ne peut être autre chose qu’une passion. Je ne connais aucun coureur qui n’est pas passionné par ce sport. La passion, c’est ce qui nous pousse à aller au-delà de nos limites. C’est ce qui nous aide à terminer une course, surtout quand celle-ci ne se passe pas comme prévu. C'est ce qui fait que nous sortons à -20° + facteur éolien ou bien à 30° + facteur humidex et faire nos entraînements. C’est ce qui fait que même si nous avons eu la journée la plus merdique qui soit, que ce soit au bureau, à la maison ou à l’école, nous allons quand même courir… c’est même surtout dans ces moments là que nous ne pouvons ne pas y aller si nous voulons rester sains d’esprit.

J’entends les non-coureurs dire que nous ne sommes pas sains d'esprit pour vouloir faire ça. Peut-être est-ce cette passion qui fait que nous pensons être sains d’esprit, mais que dans le fond, la folie s’est emparée de nous. Peu importe, folie ou pas, je suis coureuse et le resterai tant et aussi longtemps que je serai capable de mettre un pied devant l'autre. Et même si un jour, pour une raison ou une autre (et là, je touche du bois), mes pieds ne veulent pas faire ce mouvement simple, je serai encore une coureuse parce que cette douce folie, ou ce bon sens c’est selon, restera ancrée en moi jusqu’a mon dernier soupir.

À tous mes amis fous, je vous souhaite une belle saison hivernale, avec plein de neige, de froid et de vent (ok, peut-être le vent en moins…) et on se revoit sur les sites de course en 2012!

RG

vendredi 18 novembre 2011

"Rules for Being an Ultrarunner"

Bribe d'un article qui fait réfléchir...

"When you run, there are no mistakes, only lessons. The art and science of ultra running is a process of trial, error, and experimentation. The failed experiments are as much a part of the successes as the combination that eventually works.

Lessons will be presented in various forms and intensities. Each lesson will be repeated until it is learned. When you have learned one lesson you will be presented with another.

The learning of lessons does not end. There is no part of your running experience that does not contain lessons. Each time you run there are lessons to be learned.

Life's answers lie within. Life's questions can be answered from within. Running is the medium through which these answers will be revealed. All you have to do is look, listen, feel and trust.

As you advance to greater challenges, you will continue to gain knowledge of yourself. Periodically you will be required to reach ever deeper in to your inner being, seeking out the strength needed to continue the endeavor of the moment. The strength you seek is layered within. The number of layers in infinite. All you have to do is believe, have faith in yourself, and expect to find that which you seek."


Keith Pippin

RG

mardi 15 novembre 2011

Blessée et encore blessée!

Hier soir, comme je ne ressens plus de douleur dans mon pied en marchant ou bien en faisait mes occupations quotidiennes, j’ai été courir. Un retour un douceur et progressif, mais qui s'est quand même soldé par un arrêt total, la douleur étant revenue au bout de quelques mètres seulement.

J’avoue que le retour de cette douleur m'a quand même un peu surprise. Je croyais vraiment que c'était guéri parce que je ne la ressentais vraiment plus en marchant. Je m’attendais à faire une dizaine de minutes, en 1/1, le lendemain en 2/2 et ainsi de suite tout en augmentant progressivement la distance (quoique je dis en distance, mais je m'entraîne en temps et en pace). Ce sera un autre apprentissage... ce n'est pas parce qu’on ne ressent plus de douleur en faisant nos occupations quotidiennes que la région est guérie. D'où l'importance de faire un retour progressif. Bon, c’est fait et la conclusion est que je suis encore en arrêt total.

Mon plan de match pour l’instant est de faire le plus de cross training possible afin de garder mon cardio intact. Ça ne devrait pas être un problème car j'ai beaucoup d'options. Premièrement, DIG DEEPER avec le beau Shaun T. Le genre d'entraînement qui nous met à bout de souffle. Le genre d'entraînement que j'aime! Ensuite, je pense que je vais ressortir mon vélo. Ça fait des années que je ne me suis pas payé une belle ride en vélo. Je ne ferai sûrement pas aussi bien qu'il y a quelques années, mais je suis encore capable de pousser pas mal! Je pense aussi au bikram yoga, ou même au yoga tout court. C'est un entraînement de défi. Contrairement aux autres entraînement cardio, on ne bouge pas beaucoup, mais ça ne veut pas dire que le cœur prend ça mollo! Je sors du bikram yoga détrempée, du bouts des pieds à la racine de la tête. Ceux qui en font savent très bien de quoi je parle! Et bien sûr, continuer la musculation. Le seul point inquiétant concernant la musculation est que je ne pourrai pas vraiment mesurer l'impact de celle-ci sur ma course. Jumeler les deux est pour moi quelque chose de relativement nouveau, même si au départ, quand j'ai commencé à courir, je faisais déjà de la musculation. Ça n'a pas duré longtemps, pas assez en tout cas pour que je sache vraiment ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Je vais probablement y aller plus doucement, question de ne pas tout foutre mon entraînement en course en l'air. Et bien sûr, les fameux jeux wii "Just Dance". C'est peut-être drôle comme ça, mais c'est vraiment un bon entraînement, si on se donne la peine de danser!

Alors pour l’instant, on se concentre vers du cross training et autres formes d’entraînement. On continue de mettre de la glace, faire les exercices pour ma cheville, mon bassin et on réessaie la course dans quelques jours. On verra bien ce qu’on verra bien!

Bon cross training!!!

RG

jeudi 10 novembre 2011

lundi 7 novembre 2011

Blessure

Bon, et bien ça y est, vendredi soir dernier, je me suis blessée de nouveau. Comment est-ce arrivé, surtout dans mon cas, moi, tellement prudente? Tout simplement parce que depuis quelques semaines, je suis moins prudente! Et le meilleur dans tout ça est que je ne regrette rien.

C’est sûr et certain que je devrai changer quelque chose, idéalement celle qui m’a menée jusqu’à ma blessure, si je réussis à mettre le doigt dessus, mais je ne reviens pas en arrière. Je ne reviens pas à la trop prudente RG. Pas que je tiens à me blesser, au contraire, mais c’est en essayant des choses que je deviendrai meilleure. Et comme ultimement, j'aimerais essayer de gagner une partie de ma vie avec la course un jour, et bien je me dois de devenir excellente et tout le monde sait que c’est en faisant des erreurs qu'on le devient.

Si tes rêves ne te font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez gros!

Alors voilà, cette fameuse blessure au pied gauche. Sur le 5e métatarsien (vive mes cours d’anatomie). J’ai quelques idées de la provenance de cette blessure. Premièrement, je pense que c’est possible que ce soit en raison de ma cheville gauche encore. J’avoue, et là j’entends Handsome me faire la morale, que je n’ai pas fait mes exercices ces derniers temps. J’ai peut-être compensé en forçant un peu trop de cette région. C'est peut-être aussi que depuis quelques jours, j'ai remis mes light trainer, qui sont beaucoup plus pesants et surtout, plus serrés. Est-ce possible que ce soit à cause de ça? Je ne ferme pas la porte à aucune hypothèse. Je pense aussi la vitesse à laquelle je courais. J'allais un peu vite, plus vite que ce que j'avais prévu. Est-ce ça? Peut-être…

Toujours est-il qu’aujourd’hui (lundi), ça va beaucoup mieux. Mes souliers ne sont pas trop serrés alors ça va de ce côté. Quand je mets mes espadrilles, je le sens plus. Ça me donne au moins le signal que tout n'est pas encore entré dans l'ordre et que je devrais attendre un peu. Ça va être difficile parce que j'étais bien repartie, mais il faut ce qu'il faut.

Bref, ce soir, relax encore. Demain mardi, si je ne sens presque rien, je vais peut-être me risquer et faire quelques pas de course. Je verrai comment mon grand malade de pied va se sentir demain soir et ça va planifier le restant de ma semaine. Si je ne peux aller courir, vive le retour de la musculation et du cross-fit!

RG

mercredi 2 novembre 2011

Bourrage de glucides (carb-loading)

Plusieurs sont familiers avec le fameux souper spaghetti la veille d'une course, mais il reste que c'est un mystère lorsque vient le temps de reconnaître quels sont les glucides à ingérer afin d'avoir le maximum d'énergie lors d'une course.

L'expression se rapporte au processus d'augmentation d'énergie dans les activités d'endurance en maximisant la quantité de réserve de glucides dans les muscles, c'est-à-dire, emmagasiner de l'énergie supplémentaire sous la forme de glucides, ce qui donnera un bon coup de pouce à votre corps en lui donnant un regain d'énergie lorsque celui-ci frapperait normalement un mur.

Ce mur, qui survient normalement aux alentours de 90 minutes après le début d'une activité d'endurance, se manifeste lorsque la réserve de glucides commence à baisser. Pour les sorties de moins de 90 minutes, le carb-loading n'aidera pas dans l'amélioration de la performance parce que la diminution de glucides n'est pas encore un problème. Une alimentation en carb-loading consiste à consommer 75% de glucides, 1 à 3 jours avant une course.

Parlons glucides!

Même si tous les nutriments sont essentiels, les glucides sont le plus efficace combustible pour le corps humain. Les athlètes en particulier bénéficient de ce carb-loading, qui évite à leur corps d'utiliser les protéines, qui sont surtout utilisées par l'organisme dans la réparation et la fabrication des muscles. Il y a 2 types de glucides : simples et complexes. Les glucides simples incluent tout ce qui peut être consommé de façon rapide tels les bonbons, les patates blanches et autres aliments sucrés. Les fruits sont un exemple exceptionnel de glucides simples et qui sont en même temps haut en sucre, mais aussi haut en nutriments. Les glucides complexes sont plus efficaces dans le carb-loading et comprennent les grains entiers (pâtes brunes, riz, pain, gruau), les légumes et les produits laitiers.

Si je mange des glucides en surplus, est-ce dire que j'ingère des calories supplémentaires?

Oui. Durant la période de carb-loading, il est préférable de consommer trop de glucides que pas assez. Cette période n'est pas celle où on doit calculer les calories et le corps bénéficiera de ce bourrage, même supplémentaire, juste avant une course. En résumé, consommez plus de glucides que pas assez. Il y aura un gain de poids, évidemment, mais que temporaire. Lorsque le corps emmagasine les glucides, il emmagasine également de l'eau en surplus (3 ratios d'eau pour 1 ratio de glucides), ce qui fait du carb-loading une période d'hydratation aussi. Parce que le corps s'accroche à cette eau et à cette énergie, il est normal de gagner quelques livres. Le gain de poids reflète le succès du carb-loading. D'ailleurs, lorsque la course sera terminée et la réserve d'eau et de glucides sera consommée, le poids reviendra à la normal.

Parlons chiffres!

Pour suivre le régime de carb-loading efficacement, le but est de consommer 3,5 à 5,5grammes de glucides par livre tous les jours. Par exemple, pour un athlète de 150 livres, la quantité de glucides devrait être de 543 à 825 grammes pour chacun des 3 jours. Les glucides contiennent 4 calories par gramme, ce qui donne un total de 2200 à 3300 calories de glucides uniquement. Si, pour quelques raisons que ce soit, le carb-loading ne dure que 1 ou 2 jours, il est préférable d'y aller avec la plus grande quantité pour ces journées, soit de 4,5 à 5,5 grammes de glucides par livre.

À noter qu'il est important de se reposer durant cette période, ou bien l'énergie emmagasinée sera alors dépensée.

Planifier intelligemment

Un carb-loading efficace requiert une bonne planification. Avant de commencer cette période, assurez-vous que vous avez ces ingrédients à la maison :

* Pain à 100% de grains entiers

* Céréales à grains entiers

* Pâtes et riz de grains entiers

* Crêpes et gaufres de grains entiers

* Lait écrémé, faible en gras ou de soya

* Des patates blanches et douces

* Haricots et pois

* Fruits et légumes frais

* Barres sportives et des boissons sportives

* Barres de granola et barres de céréales.

Attention : si le corps n'est pas habitué à consommer des aliments riches en fibre, il serait alors préférable de commencer par les glucides simples que les complexes. Les glucides simples se retrouvent dans les aliments qui sont facilement digérables. Pensez blanc au lieu de brun et plus de liquide (smoothies, jus et lait). Tous les coureurs qui ont déjà expérimenté une course lorsque le système digestif est bouleversé vous diront que c'est très inconfortable. L'important est de faire des essais et d'écouter son corps.

S'il est difficile d'ingérer assez de glucides provenant des sources naturelles, allez-y avec les barres déjà préparées, que ce soit de granola, sportives ou de céréales. Un autre truc, les garnitures, que ce soit sur les patates ou le pain tel les sauces ou les confitures, qui sont généralement bourrées de glucides vont aider dans l'atteinte de l'objectif.

Liste de glucides, en grammes, que l'on retrouve dans les aliments


* Gruau cuit, 1 tasse : 26

* Granola régulier, 1 tasse : 64

* Yogourt avec saveur, 1 tasse : 25

* Petit bagel de 3 onces : 45

* Pomme ou orange de grosseur moyenne : 20

* Banane ou poire de grosseur moyenne : 25

* Raisins, 15 onces : 25

* Macaroni au fromage, 1 tasse : 44

* Riz cuit, 1 tasse : 35

* Spaghetti cuit, 1 tasse : 40

* Sauce tomate, 1/2 tasse : 10

* Maïs, 1 tasse : 40

* Haricots verts, 1/2 tasse : 7

* Haricots cuits, 1 tasse : 53

* Patate cuite (grosse) : 50

* Carrés de Graham Cracker (4) : 22

* Gatorade, 1 tasse : 14

* PowerAde, 1 tasse : 19

* Lait écrémé, 1 tasse : 12

* Lait de soya, 1 tasse : 12

* Lait au chocolat, 1 tasse : 25

* Jus d'orange, 1 tasse : 25

* Confiture aux fraises, 1 c. à T : 13

* Miel, 1 c. à T : 15

* Sirop d'érable, 2 c.à T : 25

* Crème glacée, 1 tasse : 25


Finalement, l'alimentation le jour J est aussi importante que les autres jours. Il faut faire ce que l'on fait habituellement lors des longues sorties et surtout, de suivre une des règles les plus importantes : NE RIEN ESSAYER DE NOUVEAU LE JOUR MÊME DE LA COURSE. Et j'ai toujours trouvé que le fait de tenir un log aidait grandement à connaître nos faiblesses et ce qui fonctionne le plus. Quand on fait une belle sortie, on devrait toujours prendre en note ce qu'on a mangé avant de courir, allant jusqu'à la veille. C'est comme ça que j'ai découvert il y a longtemps que je suis une rare coureuse qui ne mange jamais de banane avant une course. Et j'en ai fait des sorties avec une banane dans l'estomac avant de me rendre compte que c'est ce qui faisait que je courais mal et pesante.

RG

mercredi 26 octobre 2011

La flamme olympique

Février 2010, vers 5h30 du matin, je sors dehors pour promener mon chien Lewis, un boxer blanc, comme tous les matins depuis 2 ans et demi. C'est un matin blanc, il a neigé la veille et toute la nuit. Des résidus de neige de la nuit tombent encore. C’est un matin quand même assez chaud considérant que l’hiver bat son plein.

Je sors et pense que c’est un matin comme tous les autres. Je pense que je vais promener Lewis pendant 30-40 minutes, que je vais revenir à la maison, que je vais me préparer à aller travailler… comme tous les matins. C’est vrai, à quelques petits détails près.

Lorsque je suis sur le chemin du retour, je constate une présence policière importante quelques rues plus loin. Je me fais la remarque à moi-même que ça a du bouger pas mal durant la nuit et que quelque chose de bouleversant est arrivé… parce que présence policière égale bouleversements, c’est la première pensée que la plupart des gens ont. Un peu plus loin, en chemin vers la maison, j’aperçois les mêmes auto-patrouilles, mais qui se déplacent, lentement. Et c’est là que j’y pense. La veille, j'avais planifié aller à Saint-Lambert voir la flamme olympique arriver. La soirée d'avant, j'avais planifié aller à Boucherville voir la flamme olympique arriver. Mais je n’y suis pas allée, ni à Saint-Lambert, ni à Boucherville. Pourquoi? Je ne sais pas, je ne m’en souviens plus. J’imagine que la routine quotidienne a pris le dessus sur tout, comme c’est souvent le cas. Mais en ce matin de février, elle est là, elle s’en vient. Je ne savais pas que la flamme olympique passerait près de chez nous. Pourquoi je ne sais pas ça moi? Pourquoi n’ai-je pas regardé son parcours? Routine quotidienne encore une fois? De toute façon, elle est là, en ce moment. Je ne sais pas trop où elle passera, mais je suis presque rendue à la maison et elle me suit. Je tourne le dernier coin et je réalise qu’elle passera sur ma rue. MA rue! Devant MOI! La flamme olympique passera sur ma rue… devant moi…

Je me dépêche à me rendre à la maison. Je veux que ma fille puisse voir ce grand évènement... parce que ça n'arrivera plus jamais, à moins de se déplacer où une foule se rendra au même endroit, en même temps, pour les mêmes raisons. Mais devant chez moi, à 6h du matin? Non, plus jamais, c'est un moment unique.

Avant même d’arriver à la maison, je vois la flamme qui est tout près. Il y a un petit attroupement de personnes devant moi, sur le bord de la rue. J'ai le cœur qui bat à toute allure, bien qu’il soit léger. J'ai le sourire aux lèvres, sans m'en rendre compte. J'ai les yeux qui pétillent de pur bonheur. En ce moment, je suis heureuse, sans aucun doute! Rendue à la hauteur du petit attroupement, en regardant bien, je m’aperçois qu’il y a une femme habillée en gris et que Canada est inscrit en arrière de sa veste. QUOI?! Il y aura échange de la flamme olympique devant moi?! À ce moment-là, je jubile, carrément! Je reste plantée là, avec Lewis, et j’attends… j’attends que la flamme arrive à notre hauteur. J'attends l'échange de la flamme olympique devant mes yeux. Elle est là, devant nous, des coureurs entourent celui qui vient donner la flamme à cette femme privilégiée qui est devant moi et que j’admire énormément. Les sirènes policières scintillent sur la neige blanche. J’avoue, j’ai les larmes aux yeux. C’est un moment de bonheur extrême, un moment unique que je viens de vivre.

Je me dépêche du mieux que je peux pour cogner à la porte de la maison afin que F sorte et voit la flamme qui s’éloigne de plus en plus. Nous étions peut-être une quinzaine à vivre ce moment inoubliable. F a vu un peu la flamme au loin, mais l'excitation de sa mère n'étant pas partagée, elle est retournée à ses occupations rapidement. À chacun ses passions!

J’en ai parlé toute la journée. J’y ai pensé toute la journée. J’ai rêvé toute la journée. Ce fut un des très grands moments de ma vie, un grand moment qui a duré que quelques minutes. Ne suis-je pas chanceuse d'avoir pu être témoin de cet évènement? Combien étaient les chances qu'un échange de flamme olympique se fasse sur ma rue, devant chez moi, à l’heure où Lewis et moi allons prendre notre marche matinale? Nos marches matinales sont, pour Lewis et moi, notre moment préféré de la journée, mais j'avoue qu’en ce matin de février, ce moment était pour moi, le meilleur de tous.

Je ne sais pas qui était cette femme qui a eu la chance incroyable de pouvoir porter cette flamme unique, de courir en sa compagnie et de la mener un peu plus près de son but, Vancouver 2010. 1 an et demi plus tard, j'y pense encore. J'y rêve encore. Dans ma tête, cette femme c'était moi, mais je ne le dis à personne… shut!

RG

Rogaine Ottawa, 23 octobre 2011

Dimanche dernier, j’ai participé à une de mes courses préférées, un rogaine, qui est en fait une course en orientation. La différence entre un rogaine et une course en orientation est que pour ces derniers, les points de contrôle n’ont pas à être visités en ordre. Même si je ne suis pas très bonne dans ce genre de course, j’adore y participer. Nous avons eu la journée idéale pour se promener dans les bois, le ciel était couvert, avec éclaircis ici et là, et la température était dans les alentours de 12 degrés Celsius.

Pour ce rogaine, je n’ai pas fait équipe avec mon partner habituel, monsieur étant parti faire le marathon à Istanbul. J’y suis donc allée avec ma chika, qui en était à sa première expérience en rogaine. Bien sûr, N et Le Monstre étaient présents également, eux qui sont devenus une équipe à surveiller, bien que depuis leur début, ils sont dans les meilleures équipes. Il faudra travailler très fort mon partner et moi pour arriver à les battre un jour, si c’est possible!

La première chose qui m’a frappé durant cette course est la facilité du parcours et des points de contrôle. Durant les 8 heures que cette course a duré, nous n'avons pas utilisé la boussole, pas une fois! Ce qui est absolument impossible pour les rogaines Laurentides, car nous sommes dans les bois en permanence, contrairement à Ottawa où il y a des sentiers partout. Le parc de la Gatineau est très populaire auprès de la population. Il y a plusieurs sentiers pédestres, des sentiers de ski de fond et de raquette, etc. Ça a permis de me réconcilier un peu avec les courses en orientation. Le rogaine d’automne des Laurentides s’est bien passé, mais celui du printemps a été une catastrophe pour mon partner et moi. Une chance que ce n’était qu’une course de 6 heures et non 8 heures, 2 heures faisant une grande différence pour ce genre de course.

Les cartes topographiques n’étaient également pas aussi détaillées que les cartes habituelles. Il y avait en fait que les détails importants, c’était donc plus facile de lire la carte parce que l’information était directe. Ça m’a pris quelques points de contrôle pour réaliser ce petit détail important.

À refaire l’an prochain, quoique l’an prochain, la course sera fort probablement 2-3 semaines après le marathon de Chicago. Je pense que ce sera possible, mais ça reste à voir comment l’entraînement va aller l’été prochain.

RG